Comment localiser un logiciel : Liste des 10 choses à faire et à ne pas faire au cours du processus de localisation de logiciels

Dernière mise à jour: avril 24, 2020 1:12

Souvent, la localisation et la traduction sont considérées comme étant une seule et même prestation, sans en voir la complémentarité. Même si les deux activités se rejoignent sur certains points, le processus de localisation de logiciel est bien plus complexe. Le fait d’adapter un produit ou un contenu à une région ou un marché spécifique implique de modifier les graphiques, la mise en page, le format, et bien d’autres choses. Sans oublier qu’il faut satisfaire les autres exigences du marché en matière de législation, de protection des données, de préférences d’appareils et de tendances technologiques.

En savoir plus sur les services de localisation d’un logiciel.​

Avec toutes les subtilités culturelles à prendre en considération, il est facile de sous-estimer des éléments qui peuvent sembler évidents, mais qui jouent un rôle crucial quand il s’agit de livrer un produit exempt de défauts afin de satisfaire un public le plus large possible. Alors, par où commencer ? Les conseils suivants exposent les bonnes pratiques et les pièges à prendre en compte en matière de localisation de logiciels.

1. Abordez la localisation comme une stratégie.

Do approach localization as a strategy.

Premièrement, il est important de déterminer en quoi la localisation de logiciels vous aidera à atteindre vos objectifs d’ensemble. Portez une attention particulière à votre analyse des besoins et à vos phases de conception pour éviter de commettre des erreurs de localisation. Assurez-vous également que toutes les parties prenantes sont d’accord sur les marchés à cibler, les langues et les particularités qui leurs sont propres.

Abordez la méthode de localisation de logiciels comme une stratégie, et non comme une tâche, pour vous assurer d’un succès international. Si vous vous fixez l’objectif de bien préparer votre projet de localisation, vous n’aurez jamais à le redéfinir dans l’éventualité où il vous faudrait vous positionner sur une nouvelle opportunité de marché.

2. Concevez vos projets en n’oubliant pas qu’ils peuvent être amenés à être localisés.

Don’t forget to design with localization in mind.

Une conception prévue dans une optique de localisation évite les retards et les surcoûts ultérieurs. Elle comporte du code source et des structures qui contribuent à se prémunir :

  • contre la reproduction d’erreurs de la source dans les fichiers cibles
  • contre des erreurs de traduction évitables
  • contre des erreurs courantes de localisation de logiciels, notamment des erreurs fonctionnelles, d’affichage, d’abréviation et de registre inadapté.

Conseil : Utilisez des modèles afin de véhiculer une présence cohérente de la marque. Vous voulez vous assurer que votre conception est prête à être localisée ? Faites des essais, des essais et encore des essais. La pseudo-localisation (une variante de test d’assurance qualité) est une méthode efficace qui réduit les risques. Elle révèle des erreurs de traduction possibles, comme un problème d’affichage de l’interface utilisateur provoqué par des caractères spéciaux ou la longueur inappropriée d’une chaîne de caractères.

3. Créez une bibliothèque d’objets internationalisés.

Do build a library of internationalized objects.

À retenir : l’internationalisation rend possible la localisation. Créer une bibliothèque d’objets internationalisés vous évitera d’avoir à retravailler votre logiciel si vous prévoyez de le localiser en plusieurs langues. Voici les principaux éléments à adapter :

  • Les éléments de conception de l’interface utilisateur
  • Les fonctionnalités de tri et de recherche
  • La prise en charge des caractères codés sur plusieurs octets (pour les langues asiatiques)
  • La prise en charge des langues bidirectionnelles ou s’écrivant de droite à gauche (telles que l’arabe ou l’hébreu)
  • Les adresses, les nombres, les dates et les formats de devise.

4. Ne rédigez pas un texte source trop long.

Don’t make source text too long.

Toutes les langues respectent des structures de phrases et des règles de pluralisation différentes, et n’utilisent pas la même quantité de mots pour exprimer une idée. Limitez les problèmes de traduction en adoptant un contenu source clair et concis, qui utilise :

  • des phrases courtes
  • l’ordre standard des mots en anglais autant que possible
  • des phrases qui ne contiennent pas plusieurs noms consécutifs (mots composés)
  • un seul terme pour identifier un seul concept, sans synonymes
  • des mots complets, c’est-à-dire pas d’acronymes qui nécessiteront une traduction supplémentaire, au risque de perdre le sens secondaire.

Conseil : en plus de ne pas utiliser de synonymes, ne transformez pas vos verbes en noms. Autrement dit, ne réutilisez pas un même texte dans un contexte différent. Plusieurs mots dans la langue anglaise peuvent représenter à la fois un nom et un verbe : par exemple, file (fichier/archiver), share (action/partager) et design (conception/concevoir). Décidez d’une utilisation unique pour chaque texte et utilisez-le de manière cohérente.

5. Anticipez la longueur supérieure du texte cible.

Do plan for text expansion.

Il est estimé que la langue anglaise utilise plus d’un million de mots, alors que la majorité des autres langues en comportent moins de 500 000. Par conséquent, il est probable que les chaînes de texte soient plus longues ou plus courtes une fois traduites dans d’autres langues. Par exemple, la salutation anglaise « Have a nice day! » (Bonne journée) est traduite en allemand par « Ich wünsche Ihnen einen schönen Tag! » : soit une augmentation de 125 % de la longueur de la phrase. Traduire de l’anglais vers les langues asiatiques provoque l’effet opposé.

Prévoyez au minimum un foisonnement de 30 à 35 %, et prenez en compte l’utilisation des espaces blancs. Encore une fois, privilégiez un texte source court, et utilisez les bonnes pratiques de localisation de logiciels en lien avec la mise en forme et le choix des mots.

6. Utilisez les icônes appropriées.

Don’t misuse icons.

Évidemment, les bonnes pratiques de localisation de logiciels ne concernent pas uniquement la communication textuelle. Les éléments visuels possèdent, eux aussi, des connotations différentes selon la culture. Les icônes, sans texte, sont avantageuses car elles nécessitent moins de traduction et peuvent réduire les coûts. Néanmoins, gardez à l’esprit que les symboles ne sont pas tous universels ni neutres.

Par exemple, une boîte mail de style américain n’est pas comprise dans d’autres cultures. Faîtes des recherches selon les cultures visées : évitez par exemple des représentations de mains ou de pieds, d’animaux ou d’autres symboles qui pourraient être mal interprétés.

7. Utilisez l’encodage UTF-8.

Do use UTF-8 encoding.

Les technologies modernes utilisent en majorité l’UTF-8 par défaut, le format de codage Unicode le plus populaire. L’UTF-8 est décrit par le Dr Ken Lunde, un spécialiste renommé du traitement de l’information, comme étant « le premier encodage de caractère intelligent mondial ». Unicode est pris en charge par tous les systèmes matériels et logiciels majeurs des entreprises et est nécessaire dans certains langages informatiques tels que XML, Java et Javascript. L’utilisation de l’UTF-8 permet de produire des traductions simples et correctes dans toutes les langues, notamment les langues asiatiques CJKV (chinois, japonais, coréen et vietnamien).

8. Ne codez pas en dur le texte ni la ponctuation.

Don’t hardcode text or punctuation.

Le texte codé en dur, ou intégré dans un code source, doit être extrait aux fins de la traduction une fois que vous êtes prêt à le localiser. Votre prestataire de services linguistiques peut lancer une analyse syntaxique pour identifier le texte traduisible, mais il est préférable d’optimiser vos contenus lors de la phase de conception. Utilisez plutôt des fichiers de ressource séparés (par exemple pour les titres, les noms de produits et les messages d’erreurs) et recourez au passage en commentaires des ressources pour éliminer les erreurs de traduction.

Conseil : Il peut être tentant de concaténer des chaînes de caractères séparées, au moyen de caractères de remplacement, avec un ordre des phrases ou des mots codé en dur, afin de réduire la taille d’une chaîne. Mais cette manipulation cause souvent un contresens ou une mauvaise localisation des chaînes, car les règles de grammaire varient d’une langue à une autre. Pour résoudre ce problème, évitez cette manipulation à tout prix.

9. Prenez conseil auprès d’un expert de la localisation.

Do consult with a localization expert.

Outre les listes de contrôle de localisation fournies pour le développement d’Android, d’iOS et de Windows, votre prestataire de services linguistiques peut vous fournir des conseils et des processus optimisés qui vous feront gagner du temps et de l’argent tout en évitant les phases de reprise. Posez des questions spécifiques à votre prestataire préalablement au lancement de votre projet de localisation de logiciels pour favoriser des relations professionnelles fructueuses.

Conseil : Pensez à communiquer à votre prestataire de services linguistiques une liste des termes à ne pas traduire (Do-Not-Translate, DNT) afin d’éviter les problèmes de registre (sur- ou sous-traduction). Dans tous les cas, la fonctionnalité du code peut être affectée si la traduction d’une chaîne ayant une fonction cruciale dans le programme est incorrecte.

10. Ne vous contentez pas de satisfaire les attentes, surpassez-les.

Don’t just meet expectations—exceed them.

En fin de compte, chaque petit détail mérite qu’on lui prête une attention particulière. De la plus simple application mobile au plus complexe des systèmes multi-utilisateurs, la localisation est la clé pour stimuler les ventes et l’acceptation d’un logiciel.

Évaluez l’impact de vos efforts en utilisant la règle des 80/20 de « glocalisation », ou en faisant appel au ratio 80/20 des comportements des clients mondiaux et locaux. En comprenant réellement les marchés locaux et en tenant compte des sensibilités culturelles dans vos conceptions et votre développement, vous ne vous contentez pas de satisfaire les besoins de l’utilisateur : vous allez transformer leur expérience. En pensant le développement de logiciels dans une optique de localisation dès la phase de conception, vous mettez toutes les chances de votre côté de saisir les opportunités qu’offre le marché mondial.

Pour en savoir plus les méthodes de localisation d’un logiciel contactez l’équipe de commerciaux Lionbridge dès aujourd’hui.